Je vais vous présenter aujourd’hui trois des outils majeurs de mon Environnement d’Apprentissage Personnel (EAP), dont je me sers au quotidien.

En matière de veille documentaire, on peut distinguer trois démarches :

  • trouver l’information pertinente sur le web, suivre la production des « bons auteurs », ceux que l’on a repérés comme producteurs d’articles sérieux et intéressants sur le sujet
  • traiter cette information, conserver des traces des meilleures trouvailles, celles qu’on utilisera plus tard dans son travail et qu’on souhaitera donc retrouver sans peine
  • et enfin (c’est facultatif, mais il faut partager son expertise, pas seulement profiter de celle des autres !) rendre publics les résultats de sa veille, afin qu’elle profite à tous les internautes partageant ses centres d’intérêts.

Pour me tenir au courant dans mon domaine d’expertise (TICE, numérique pour l’enseignement et la formation, formation à distance) et partager les résultats de cette veille, j’utilise trois outils : Netvibes, Evernote, Scoop It.

Je vais vous décrire rapidement dans cet article les fonctions de ces outils et l’usage que j’en fait, et vous pourrez consulter les trois capsules vidéo qui vous les montreront en action.

NETVIBES

Dans le jargon numérique, c’est un « agrégateur de flux RSS ». Le flux RSS (Real Simple Syndication) est un système intégré à la plupart des sites web et des blogs, qui va permettre d’afficher automatiquement les derniers articles parus, avec une mise à jour régulière et automatique. On peut lire les flux RSS dans son navigateur web, dans Outlook, mais le plus pratique est d’utiliser un agrégateur de flux.

En ce qui concerne Netvibes, il suffit de se rendre sur le site www.netvibes.com, de créer un compte gratuit, puis de créer son premier « dashboard » (tableau de bord) : une page web, sur laquelle vous allez ajouter les flux RSS des sites qui vous intéressent, mais aussi des « widgets », vous permettant de consulter la météo et plein d’autres fonctions pratiques.

Netvibes propose « clef en main » les flux rss de beaucoup d’organes de presse et d’institutions diverses ; et vous pouvez ajouter le flux de n’importe quel site, simplement en entrant son adresse web (url) : l’outil va rechercher pour vous le flux RSS.

Avec votre compte, vous pouvez créer plusieurs dashboards privés et un (un seul) dashboard public (pour mettre à disposition de vos élèves ou étudiants une « revue de presse » des sites que vous avez choisis pour eux). Chaque dashboard vous permet de créer plusieurs onglets pour en organiser le contenu et vous pouvez partager des onglets avec d’autres personnes.

Personnellement, j’ai mis Netvibes comme page d’accueil par défaut de mon navigateur web : ainsi, tous les matins, j’ai sous les yeux une revue de presse du web, à partir de domaines et de sites que j’ai sélectionnés. C’est une des premières tâches le matin en arrivant au bureau, avec la lecture des mails.

EVERNOTE

Faire sa « revue de presse du web », c’est bien, mais comment garder traces des meilleures trouvailles, celles dont on se dit : « c’est génial, je vais utiliser cette source pour mes cours ou formations » ? Pour ma part, j’utilise l’outil de « prise de notes » Evernote.

Evernote vous permet de prendre des notes de toute nature (texte, photo, son, pages web) et – c’est important – c’est un outil multiplateformes : PC / Mac, tablette, smartphone (applications disponibles pour Apple et Android), vous retrouverez donc vos notes sur tous vos appareils. Sur PC ou Mac, une sauvegarde locale est effectuée, vous pourrez donc également consulter vos notes hors connexion.

Evernote vous propose un double système de classement, pour retrouver rapidement les notes prises : le carnet de notes et les « étiquettes » (mots clefs). Il vous permet également de partager ou collaborer, en partageant avec d’autres des notes ou des carnets de note, en lecture seule ou avec droit d’ajout et de modification.

Personnellement, je l’utilise pour garder trace des articles et pages web que je souhaite retrouver ultérieurement, et facilement avec les mots clefs ; pratique quand je prépare mes cours et formations !

Quand vous êtes sur une page qui vous intéresse, vous cliquez sur une icone installée dans votre navigateur et l’interface vous propose d’enregistrer l’article ou la page entière, ou simplement son URL (adresse). Personnellement je conseille d’enregistrer l’article ou la page, car ainsi vous la retrouverez, même si elle n’existe plus sur le web ! Un mode d’enregistrement assez magique est le mode « article simplifié », qui ne va garder que le titre, le texte, les illustrations de l’article, et supprimer tout le reste : navigation, éventuelles publicités… Ainsi l’article web devient pour vos élèves un contenu à lire et comprendre, comme une page de livre, en supprimant tout ce qui pourrait le distraire. Vous choisissez enfin le carnet de note de destination, allouez des mots-clefs, et le tour est joué.

Une fois capturé dans Evernote, l’article web peut être modifié. Vous pouvez ainsi, pour la mettre à disposition des élèves, ne conserver que ce qui est pertinent pour votre cours et, par exemple, l’imprimer sur papier ou en pdf pour une mise à disposition numérique.

L’URL de la page d’origine est enregistrée avec la note, vous pourrez ainsi y revenir à tout moment.

SCOOP IT

Scoop it est un des outils de curation web les plus populaires. En anglais, le curator, c’est le commissaire d’exposition, celui qui choisit les oeuvres à montrer au public ; sur le web, le curateur, c’est celui qui va rendre public le résultat de sa veille documentaire, en partageant ainsi les articles qu’il a trouvés et qu’il juge d’intérêt général.

Vous n’êtes pas obligé de devenir curateur, vous pouvez aussi profiter de la production des autres, les « scoops » étant publics par destination. Sur le site, un outil de recherche vous permet de chercher des personnes ou des thèmes.

Scoop It fait partie des outils du « web social ». En effet, un curateur peut « rescooper » un scoop d’un autre curateur. Pour vous qui consultez les scoop, vous trouvez ainsi trace d’autres curateurs travaillant dans le même domaine d’expertise. Vous pouvez ainsi créer un véritable « réseau d’experts ». A charge à vous bien entendu de juger de leur réelle expertise, car sur le web la publication est libre et il n’y a aucune vérification des titres et compétences des auteurs ou curateurs. Un système de badge (argent et or) est un indicateur pour vous : obtiennent un badge les curateurs repérés et recommandés par d’autres curateurs.

Si vous êtes vous même expert d’un domaine, n’hésitez pas à créer un compte gratuit sur Scoop It et lancez-vous ; vous pourrez gérer jusqu’à 5 « topics » (scoop it thématiques). Comme pour Evernote, un clic suffit lorsque vous êtes sur un article web que vous souhaitez recommander pour créer le scoop it, qui va récupérer automatiquement le titre, le début et une illustration. Si ces éléments ne vous conviennent pas, vous pouvez les modifier. Il vous reste à ajouter des mots clefs, éventuellement un commentaire et c’est tout.

Autre avantage de la création d’un compte : vous pourrez vous abonner aux scoop it qui vous intéressent et ainsi être tenu au courant des nouvelles parutions de vos collègues curateurs.

Essayé aujourd’hui Piktochart (en compte gratuit)… pas mal : je vois déjà plein d’applications pédagogiques… J’ai manqué d’inspiration pour trouver un sujet, aussi mon premier essai a été une présentation graphique de mon cv actuel…

Et voilà le résultat : il reste un grand blanc en bas de page, parce que je me suis trop prudemment arrêté là où Piktochart me signalait la limite d’un format A4…

(Un peu de patience au chargement…) ou voir sur le site Piktochart

Ah, le « storytelling »… à la mode certes, mais pas seulement : pour moi tous les outils du web qui permettent à chacun de « raconter des histoires » sont bons à prendre. A chacun ensuite de veiller à ce qu’il met en ligne, et aux lecteurs de repérer les productions et les auteurs de qualité et de fuir les autres… Sans compter qu’on peut très bien les détourner à des fins pédagogiques : faire s’exprimer nos élèves et étudiants, y compris sur le web, devrait être une activité obligatoire, de l’école à l’université.

Ce dimanche, je viens de me pencher un peu en détail sur un nouvel outil de « storytelling » en images : Reporter de Fotopedia. Je connaissais Fotopedia depuis longtemps, j’y ai posté quelques unes de mes photos, mais l’aspect « encyclopédie » était un peu rébarbatif, même couplé à un système de notation par les internautes…

fotopedia-reporter

Il y a peu, Fotopedia a sorti « Reporter », avec le slogan « nous sommes tous reporters ». Un outil simple à prendre en mains et efficace : on choisit une photo de couverture, on choisit ensuite les photos (une par page), on ajoute un titre et un texte de description. On peut charger des photos à partir de son PC ou de sa tablette (application pour iPad seulement), et aussi, c’est top pour moi, directement à partir de son compte Flickr (dans ce cas, récupération automatique des licences mises sur vos photos). Je n’ai pas testé, mais on peut inviter d’autres auteurs à collaborer sur son « brouillon » avant publication…

Lorsqu’on est prêt, on publie son oeuvre, en la classant dans des catégories prédéfinies (3 maxi).

Deux points d’attention :

  • les photos doivent avoir une largeur mini de 1024 pixels : elles ne sont pas acceptées par le système si en deçà et un message s’affiche sur la photo dans le navigateur intégré
  • une fois publié, vous ne pouvez plus modifier votre oeuvre, donc laissez-la à l’état de brouillon tant que vous n’avez pas terminé et vérifié ; là encore, un message vous le rappelle au début de l’opération de publication

J’ai élaboré ma première histoire ce matin, sur tablette : c’est rapide, la sauvegarde se fait automatiquement en arrière-plan, pas de souci particulier… à un moment, j’ai suspecté un plantage… et comme d’habitude sur tablette, quitter / reprendre l’application a permis de retrouver mon travail précédent sans souci.

Il y a dans Reporter des éléments de web social habituels maintenant dans ce type d’outils de partage : on peut composer des « magazines », qui regroupent des histoires (les siennes et celles des autres), on peut s’abonner aux magazines des autres auteurs, les suivre (on est alors mis au courant de leur activité dans un « fil d’actualité »), signaler qu’on « aime » une histoire ou un magazine et le noter avec cinq étoiles, savoir combien de fois une histoire a été vue…

Reporter est aussi un superbe magazine photo à feuilleter, pas besoin forcément d’être auteur. Comme toujours, les productions sont très variées et inégales (quelques photos du chien-chien à sa mémère…) , mais il y a aussi des pépites à découvrir, à partir de photos d’une grande qualité, photos de voyage, paysages à couper le souffle, photo animalière…

Voir ma première histoire (la Bretagne, encore et toujours…)

reporter-beg-leger

Suivre mes magazines (4 à l’heure actuelle) :

Reporter me semble donc bien fait, en lecture (superbe collection de photos) comme en écriture.

 

En écriture on soignera le choix des photos et du texte d’accompagnement de l’ensemble de l’histoire et de chaque photo : on peut décrire, commenter, ajouter de la poésie aux photos, tout est permis, pourvu que le texte soit court.

En lecture, comme d’habitude, avec des plus jeunes, veiller au grain : pas de pornographie ou autres choses à ne pas montrer aux enfants, mais parfois des sujets d’actualité un peu « brûlante » (en ce moment, par exemple, des « histoires » sur les événements en Turquie, montrant en autre les blessés de la place Taqsim…).

Surprise ! Webdoc est devenu URTURN… Pas de souci, ils ont conservé les comptes utilisateurs, les posts réalisés du temps de Webdoc et ils redirigent les URL – Par contre l’interface a été apparemment modifiée… je réviserai mon article dès que j’aurai testé à nouveau – 28.02.13

Vous souhaitez publier sur le web, sans pour autant créer un blog, qui demande un peu de savoir-faire et surtout beaucoup de suivi… ? Je viens de tester et d’adopter WEBDOC , un outil de microblogging qui me semble très bien fait. http://www.urturn.com/home

Page d'accueil (en mode connecté) - Cliquer pour agrandir

Page d’accueil (en mode connecté) – Cliquer pour agrandir

Pour le moment les publications accessibles sont très anglo saxonnes, mais l’outil est récent ; son interface est simple, en français, pas besoin de beaucoup d’explications pour s’y retrouver : une  barre d’outil en bas de page (modifier le fond de page / insérer des éléments). A savoir : comme dans d’autres outils (Pinterest), pas le choix du format, tout webdoc se présentera sous la forme d’une page étroite et plus ou moins longue, selon votre contenu (c’est d’ailleurs la garantie d’un affichage compatible avec les terminaux mobiles !).

webdoc3

Interface de création

La palette d’outils me semble riche :

  • dessin à main levée (je ne vois pas trop l’intérêt, mais pourquoi pas…)
  • insertion de texte
  • insertion de médias : images, sons, vidéos ; à noter : pour illustrer vos microblogs, vous pourrez aller chercher des photos et des vidéos directement sur les grands sites de partage…
  • insertion de code html (celui que vous récupérerez à partir d’autres systèmes de publication web, mais avant de vous lancer avec cet outil, allez voir les applications disponibles : voir ci-dessous)

Chaque élément inséré constitue un « bloc », que vous pouvez modifier séparément.

 

 

 

 

 

 

La fonction applications est particulièrement bien dotée et vous permet de créer des diaporamas à partir de plusieurs photos, d’afficher une vidéo à partir des grands sites de partage, de créer des sondages etc… (voyez sur l’illustration ci-dessous)

webdoc4

Les « applications » (cliquer pour agrandir)

J’ai créé en peu de temps plusieurs microblogs en utilisant une simple insertion d’images, puis un diaporama, end-fin une de mes vidéos hébergées chez Viméo… pas mal !

Si vous le souhaitez, vous pouvez rendre un microblog privé. Webdoc offre des outils de partage (par mail, par lien, par code d’intégration dans un blog)

Dernière remarque : comme la plupart des outils de microblogging, Webdoc présente des aspects « sociaux » intéressants :

  • si vous avez un compte Twitter ou Facebook, Webdoc vous propose d’y envoyer automatiquement une annonce à chaque mise en ligne d’un microblog
  • webdoc permet de « suivre » un auteur ou de « liker » un microblog ; si on vous suit ou si on like une de vos productions, vous êtes bien entendu averti par mail et la iste des followers ou liker s’afiche en bas de votre microblog

Voir mes trois productions à cette date :

Nick Cave expose à Lille (Lille 3000 Fantastic)

Exposition Babel à Lille (Lille 3000 Fantastic)

Vidéo estivale (Mer du Nord)

 

Les IPads commencent à entrer dans les salles de classe et de cours… Je voudrais vous présenter aujourd’hui « Explain Everything » (EE), une application très puissante de tableau blanc pour IPad.

explain everything

EE vous permet de créer des pages, sur lesquelles vous allez insérer du texte, des images, des annotations manuscrites… classique jusque là… Sauf que vous pouvez aussi enregistrer des commentaires vocaux et que l’application va enregistrer toutes vos manipulations, ajouts, déplacements de texte ou d’images et les reproduire ensuite.

Au final, soit vous lisez le document produit sur l’IPad, un mode projection faisant disparaitre l’interface de création, ou sur un Mac (charger l’application EE Player, gratuite), soit vous exportez en pdf (statique) ou en vidéo mp4, qui reprend toutes les manipulations et bien sûr le son. Si vous voulez peaufiner, vous pouvez retravailler votre vidéo avec iMovie…

EE exploite bien l’ergonomie de l’IPad : les zooms, rotations etc… avec un, deux doigts, l’appui long pour sélectionner, copier, coller. On a vraiment l’impression d’être dans Keynote ou Pages, sauf qu’ici vos manipulations sont enregistrées et reproduites : les déplacements, zooms etc… très intelligemment, EE n’enregistre pas les interfaces d’ajouts de texte, les boites de dialogue d’ajout d’images…

Et il y a pléthore de possibilités d’import (ppt, pdf) et d’export, sous des formats variés et dans des applications ou depuis/vers le stockage « in the cloud », comme Dropbox.

Pour moi, quand on est enseignant utilisateur d’IPad, c’est vraiment L’application à posséder (moyennant quelques euros).

Une petite démonstration en vidéo :

demo-rapide-explain-everything

et en pdf : demo-rapide-explain-everything